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Alerte Entreprises NièvreArnaques, fraudes et vols : repérer, éviter, réagir

Faux conseiller bancaire : reconnaître l'appel et récupérer son argent

Par Claire MorvillardMis à jour le 4 octobre 202611 min de lecture

Faux conseiller bancaire : reconnaître l'appel et récupérer son argent

L'essentiel

  • Un vrai conseiller bancaire ne demande jamais de valider une opération par code reçu par SMS ou de donner un mot de passe au téléphone, c'est le signal numéro un d'une arnaque
  • Le numéro affiché peut être celui de votre banque à cause d'une technique appelée spoofing, qui ne garantit donc rien sur l'identité de l'appelant
  • Dès le moindre doute, il faut raccrocher et rappeler sa banque sur un numéro déjà connu, jamais celui affiché ni celui donné par l'appelant
  • Si une opération a déjà été validée, alerter immédiatement la banque permet de tenter d'annuler le virement, sans garantie de succès, puis signaler sur Perceval et confirmer l'opposition par écrit
  • Porter plainte reste possible même après avoir donné des informations, au commissariat, en gendarmerie ou en ligne via THESEE

Un faux conseiller bancaire appelle en se faisant passer pour un employé de votre banque, souvent avec un numéro qui affiche réellement celui de l'établissement, pour pousser la victime à valider une opération ou à communiquer un code reçu par SMS. Un dirigeant de commerce reçoit cet appel un vendredi après-midi, pendant la clôture de caisse, au moment où il est le moins disponible pour vérifier. Ce guide détaille les signes qui doivent alerter pendant l'appel, le réflexe à avoir seconde par seconde en cas de doute, la marche à suivre en cas d'opération déjà validée ou d'informations déjà transmises, et ce que l'on peut réellement espérer récupérer.

Qu'est-ce qu'une arnaque au faux conseiller bancaire ?

L'arnaque au faux conseiller bancaire consiste à contacter une victime par téléphone en usurpant l'identité d'un employé de banque, parfois du service de lutte contre la fraude de l'établissement, pour obtenir la validation d'une opération frauduleuse ou la communication de données bancaires. Juridiquement, cette manœuvre correspond à la définition de l'escroquerie donnée par Service Public : obtenir de l'argent par une tromperie, en utilisant une fausse qualité, celle de conseiller ou d'agent de sécurité bancaire. Les peines prévues sont de 5 ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende, et la tentative est punie des mêmes peines, ce qui signifie qu'un appel resté sans suite peut déjà constituer une infraction poursuivable.

La technique s'appuie sur une méthode appelée vishing, contraction de voix et hameçonnage, qui désigne le fait d'utiliser le téléphone plutôt que l'e-mail ou le SMS pour tromper la victime. Elle s'accompagne très souvent d'un spoofing bancaire, c'est-à-dire d'une falsification de l'identifiant appelant pour faire apparaître sur votre écran le numéro officiel de votre banque. Le spoofing explique pourquoi tant de victimes racontent avoir reconnu le numéro sur leur téléphone avant même de décrocher. Reconnaître le numéro affiché ne prouve donc strictement rien sur l'identité de la personne au bout du fil.

Comment reconnaître un appel de faux conseiller bancaire ?

Les scénarios les plus fréquents

Le scénario le plus courant commence par une alerte : l'interlocuteur affirme avoir détecté une opération suspecte sur le compte, un paiement en cours de validation ou une tentative de piratage, et demande d'agir vite pour « sécuriser » les fonds. Une variante cible les entreprises : l'escroc se présente comme un conseiller professionnel qui a repéré un virement anormal sur le compte de la société et demande au dirigeant ou à la personne en charge de la comptabilité de confirmer un transfert vers un compte dit « sécurisé », qui appartient en réalité au fraudeur. Une autre variante combine deux appels : un premier interlocuteur se fait passer pour un vendeur ou un prestataire victime d'un piratage, un second rappelle ensuite en se présentant comme le conseiller bancaire venu confirmer les faits, pour renforcer la crédibilité du premier message.

Les signaux qui doivent alerter

Un rythme imposé, une urgence répétée, l'impossibilité de rappeler sur un autre numéro, la demande de lire un code reçu par SMS ou de valider une notification dans l'application bancaire : chacun de ces éléments pris isolément peut avoir une explication, mais leur accumulation dans un même appel est le signe le plus fiable d'une tentative de fraude. Un conseiller bancaire authentique ne demande jamais de communiquer un mot de passe, un code de carte, ni de valider à l'oral une opération non initiée par la personne elle-même. Il ne demande pas non plus d'installer un logiciel de prise en main à distance pour « vérifier » un compte.

Que faire pendant l'appel ?

  1. Ne communiquer aucun code reçu par SMS, aucun mot de passe, aucun identifiant complet de carte bancaire, quelle que soit l'insistance de l'interlocuteur.
  2. Poser des questions précises sur l'opération évoquée : montant exact, date, bénéficiaire. Un fraudeur reste souvent vague ou change de sujet.
  3. Raccrocher dès que le doute s'installe, sans se justifier et sans chercher à « gagner du temps » en poursuivant la conversation.
  4. Rappeler sa banque sur un numéro déjà connu, inscrit sur une carte bancaire, un relevé de compte ou le site officiel de l'établissement, jamais sur le numéro affiché pendant l'appel suspect ni sur un numéro communiqué par l'appelant.
  5. Vérifier directement dans l'application bancaire ou l'espace client en ligne si une opération est réellement en attente, sans passer par un lien reçu pendant l'appel.

En cas de doute, contacter sa banque pour vérifier la régularité d'une opération reste le réflexe recommandé par Service Public, en particulier lorsqu'une information reçue par téléphone, mail ou SMS demande de confirmer ou de valider une opération de paiement non initiée.

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Le réflexe qui sauve

Raccrocher et rappeler sur un numéro recherché soi-même ou déjà utilisé, jamais sur celui affiché pendant l'appel suspect. Le spoofing permet d'afficher n'importe quel numéro, y compris celui de votre banque : seul un rappel sur un numéro vérifié ailleurs vous protège.

Une opération a déjà été validée ou des informations ont été transmises : que faire maintenant ?

Une opération a déjà été validée, un code a été communiqué, ou une somme a été transférée vers un compte présenté comme « sécurisé » : la priorité absolue est d'alerter sa banque sans attendre. Service Public le rappelle clairement, dès qu'une escroquerie est constatée, il faut en alerter immédiatement sa banque, ce qui permet de tenter de faire annuler l'opération, sans garantie de succès, et d'éviter une nouvelle fraude.

  1. Appeler immédiatement sa banque, par le numéro habituel ou le numéro d'urgence indiqué au dos de la carte bancaire, pour signaler l'opération et demander une tentative d'annulation ou de rappel des fonds.
  2. Faire opposition sur les moyens de paiement concernés, carte, chèque ou accès à l'espace client, si des identifiants ou des données de carte ont été transmis.
  3. Signaler la fraude à la carte bancaire sur le service en ligne Perceval, qui transmet l'information au service de la gendarmerie nationale spécialisé dans ce type de fraude.
  4. Confirmer l'opposition par écrit sans délai, en plus du signalement en ligne, comme le recommande Service Public.
  5. Conserver toute trace utile : numéro affiché, horaire de l'appel, montant évoqué, échanges de SMS ou d'e-mails liés à l'appel.
  6. Déposer plainte, au commissariat, en gendarmerie, par courrier au procureur de la République, ou en ligne via le service THESEE lorsque la situation le permet.

Pour la partie dépôt de plainte, le détail des options, commissariat, gendarmerie ou plainte en ligne, est développé dans le guide sur comment porter plainte pour escroquerie.

Remboursement faux conseiller bancaire : à quoi peut-on s'attendre ?

Peut-on récupérer l'argent perdu après une arnaque au faux conseiller bancaire ? La réponse honnête est qu'il n'existe aucune garantie automatique. Service Public précise que la démarche d'alerte immédiate auprès de la banque permet de « tenter de faire annuler l'opération », sans garantie de succès. Une fois l'argent transféré vers un autre compte et retiré ou déplacé par le fraudeur, il devient souvent beaucoup plus difficile pour la banque de le récupérer, même en agissant vite. Plus l'alerte est précoce, plus les chances d'intervention sur la chaîne bancaire existent, ce qui rend l'appel immédiat à la banque plus déterminant que tout autre réflexe.

Depuis l'entrée en vigueur du dispositif de vérification du bénéficiaire pour les virements en zone euro, les banques comparent désormais le nom saisi par le payeur avec celui associé à l'IBAN et signalent une non-concordance avant l'exécution d'un virement. Ce contrôle, gratuit, aide à repérer qu'un IBAN communiqué ne correspond pas réellement à l'organisme ou à la personne annoncée. Il ne bloque toutefois pas l'opération : le client reste libre d'exécuter le virement même après une alerte de non-concordance, et le dispositif ne protège pas contre un IBAN ouvert directement au nom du fraudeur. Il s'agit d'une alerte supplémentaire, pas d'une garantie de remboursement.

La possibilité d'une indemnisation passe par la voie judiciaire, via la constitution de partie civile lors d'une plainte, qui permet de demander réparation du préjudice subi, ou par une demande auprès du Fonds de garantie des victimes dans les situations prévues. Ces démarches prennent du temps et ne remplacent pas le réflexe immédiat auprès de la banque.

Faux service fraude banque, faux coursier, autres variantes à connaître

La variante dite du « faux service fraude » reprend le même mécanisme avec un vocabulaire plus technique : l'interlocuteur se présente comme appartenant au service de lutte contre la fraude de la banque, affirme que des achats suspects viennent d'être détectés, et demande de confirmer l'identité du titulaire en communiquant un code ou en validant une notification. Une autre variante combine l'appel avec un passage physique : un « coursier » ou un « agent » se déplace ensuite pour récupérer une carte bancaire présentée comme compromise, qu'il faudrait soi-disant détruire ou remettre en échange d'une nouvelle carte. Ce procédé ne correspond pas aux pratiques connues des banques, qui n'organisent pas de récupération de carte à domicile par un coursier.

Pour les entreprises, une arnaque voisine mérite d'être distinguée : la fraude au président, où l'escroc se fait passer non pas pour la banque mais pour un dirigeant ou un donneur d'ordre afin d'obtenir un virement urgent et confidentiel. Le mécanisme et les réflexes sont détaillés dans le guide sur la fraude au président et comment réagir. De même, recevoir un virement inattendu, avant de recontacter qui que ce soit, suit une logique différente, expliquée dans le guide sur peut-on recevoir un faux virement.

Signe observéBon réflexe
Le numéro affiché est celui de la banqueNe pas s'y fier seul, le spoofing permet d'afficher n'importe quel numéro
L'appelant demande un code reçu par SMSRefuser et raccrocher, aucun conseiller ne demande ce code
L'appelant parle d'une opération urgente à validerVérifier soi-même dans l'application bancaire, sans suivre de lien reçu pendant l'appel
L'appelant propose de rappeler sur un numéro qu'il communiqueRappeler uniquement sur un numéro déjà connu, carte bancaire ou site officiel
Un « coursier » doit récupérer la carte bancaireRefuser, ce n'est pas une pratique bancaire connue
Une opération a déjà été validée par erreurAlerter la banque sans délai, signaler sur Perceval, confirmer l'opposition par écrit

Les erreurs qui aggravent la perte

Attendre le lendemain matin avant d'appeler sa banque est l'erreur la plus coûteuse : chaque heure qui passe réduit les chances d'une intervention utile sur l'opération. Continuer à discuter avec l'appelant pour « comprendre » ou pour vérifier par soi-même en direct, pendant l'appel, est également risqué, car cela laisse le temps au fraudeur de pousser une validation supplémentaire. Enfin, rappeler sur un numéro donné par l'interlocuteur plutôt que sur un numéro déjà connu annule l'intérêt même de vérifier : on retombe directement sur le fraudeur ou sur un complice.

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L'erreur qui coûte cher

Penser qu'il suffit de « faire attention à l'avenir » sans alerter immédiatement sa banque après avoir validé une opération. Chaque minute compte pour tenter un rappel des fonds, même sans garantie de succès.

Où signaler et comment porter plainte ?

Plusieurs canaux existent et ne se remplacent pas l'un l'autre, ils se complètent. Le signalement en ligne Perceval, accessible via Service Public et FranceConnect, concerne spécifiquement la fraude à la carte bancaire et transmet l'information au service de la gendarmerie nationale spécialisé. Il doit être suivi d'une confirmation écrite de l'opposition. La plainte, elle, peut se déposer dans n'importe quel commissariat ou brigade de gendarmerie, qui sont obligés de l'enregistrer, par courrier adressé au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent, ou en ligne via le service THESEE lorsque les faits concernés le permettent. Pour une attaque informatique associée, par exemple si un logiciel de prise en main à distance a été installé pendant l'appel, le service 17Cyber, lancé par le ministère de l'Intérieur avec cybermalveillance.gouv.fr, propose une assistance en ligne pour orienter vers les bons interlocuteurs, et le 17 ou le 112 restent les numéros d'urgence en cas de danger immédiat.

Pour les entreprises victimes d'une tentative répétée visant plusieurs comptes ou plusieurs salariés, il peut être utile de recouper les faits avec d'autres guides de la rubrique arnaques du site, qui couvre également le phishing, le faux virement et le dépôt de plainte pour escroquerie.

Questions fréquentes

Un faux conseiller bancaire peut-il vraiment afficher le numéro officiel de ma banque ?

Oui. Cette technique s'appelle le spoofing et consiste à falsifier l'identifiant appelant affiché sur l'écran du téléphone. Le numéro qui s'affiche ne prouve donc pas l'identité réelle de la personne qui appelle.

Dois-je donner mon code reçu par SMS si le conseiller insiste ?

Non, jamais. Un conseiller bancaire authentique ne demande pas de communiquer un code reçu par SMS ni un mot de passe par téléphone. Cette demande est, à elle seule, un signe fort d'arnaque.

Ma banque va-t-elle automatiquement me rembourser si j'ai validé un virement frauduleux ?

Non, il n'y a pas d'automatisme. Alerter immédiatement sa banque permet de tenter de faire annuler l'opération, mais sans garantie de succès, selon les informations de Service Public. Le résultat dépend notamment de la rapidité de l'alerte.

Que faire en premier si je viens de raccrocher avec un faux conseiller bancaire ?

Appeler immédiatement sa banque sur un numéro déjà connu, pas celui affiché pendant l'appel, pour signaler les faits et vérifier qu'aucune opération n'a été validée à son insu.

Perceval et le dépôt de plainte, c'est la même démarche ?

Non. Perceval est un signalement en ligne spécifique à la fraude à la carte bancaire, transmis à la gendarmerie, qui doit être suivi d'une confirmation écrite de l'opposition. Le dépôt de plainte est une démarche distincte, possible au commissariat, en gendarmerie, par courrier au procureur ou en ligne via THESEE.

Une entreprise peut-elle aussi être ciblée par un faux conseiller bancaire ?

Oui, le même mécanisme vise parfois les comptes professionnels, avec un interlocuteur qui se présente comme conseiller dédié aux entreprises pour faire valider un virement vers un compte dit sécurisé. Les réflexes de vérification sont identiques à ceux d'un particulier.

Un appel qui crée l'urgence et qui réclame un code ou une validation immédiate reste, dans l'immense majorité des cas, le signe d'une tentative de fraude plutôt qu'une vraie démarche bancaire. Le seul moyen fiable de vérifier n'est jamais de répondre aux questions de l'appelant, mais de raccrocher et de rappeler soi-même, sur un numéro que l'on connaît déjà. Et si une opération a déjà été validée, le réflexe qui compte le plus reste le plus simple à retenir : appeler sa banque sans attendre.

Retrouvez tous les réflexes contre les arnaques qui visent les entreprises sur la page d'accueil.

Vous pensez avoir été victime ?

  1. Agissez vite pour limiter la perteAppelez votre banque pour tenter de bloquer ou de rappeler le paiement, faites opposition sur la carte ou les chèques, changez les mots de passe exposés.
  2. Gardez les preuves et portez plainteMessages, factures, relevés, captures d'écran : tout sert. Plainte au commissariat, à la gendarmerie, par courrier au procureur ou en ligne pour certaines escroqueries sur internet. Le détail : porter plainte pour escroquerie.
  3. Faites-vous aider et signalez17Cyber pour une attaque informatique, Info Escroqueries au 0 805 805 817 (appel gratuit), 33700 pour un SMS frauduleux. Urgence : 17 ou 112.